Sécurité PC : pourquoi les mises à jour du BIOS sont devenues indispensables

La sécurité du firmware représente aujourd’hui un pilier souvent sous-estimé de la maintenance informatique. Contrairement aux malwares classiques détectés par les antivirus, les vulnérabilités situées au niveau du BIOS ou de l’UEFI opèrent en amont du système d’exploitation. À ce niveau, ni les pare-feu ni les solutions de sécurité logicielles ne peuvent intervenir efficacement.

Ces dernières années, le paysage des menaces a profondément évolué. Des exploits sophistiqués ont démontré qu’il était possible de contourner les protections matérielles elles-mêmes. Certains exploitent la gestion de la tension du processeur pour provoquer des erreurs de calcul et exfiltrer des données sensibles, tandis que d’autres s’attaquent directement au processus de démarrage, avant même le chargement de l’OS.

En décembre 2025, une nouvelle faille critique liée à l’UEFI a mis en lumière ce risque sur plusieurs cartes mères grand public. Les fabricants concernés incluaient ASRock, ASUSTeK Computer, MSI et GIGABYTE.

La vulnérabilité provenait d’une mauvaise initialisation de l’IOMMU (Input-Output Memory Management Unit) au démarrage. Le firmware indiquait que les protections DMA (Direct Memory Access) étaient actives, alors qu’elles ne l’étaient pas réellement. Résultat : le système était exposé sans que l’utilisateur ni le système d’exploitation ne puissent le détecter.

Dans ce type de scénario, aucune correction logicielle n’est suffisante. Seule une mise à jour du BIOS permet de corriger l’initialisation matérielle et de rétablir une protection effective.

À quelle fréquence mettre à jour le BIOS ?

Pour les utilisateurs classiques, les bonnes pratiques de maintenance recommandent de vérifier l’existence de mises à jour critiques du BIOS tous les six à douze mois. Cette fréquence permet de corriger les failles de sécurité majeures tout en limitant les risques liés à des mises à jour trop fréquentes. Dans un contexte où les attaques ciblent de plus en plus le matériel, négliger le firmware revient à laisser une porte ouverte sous le système d’exploitation.