
Le ministère de l’Intérieur a subi une intrusion informatique jugée très grave fin 2025. Un hacker de 22 ans, interpellé depuis, a pénétré des systèmes sensibles de la Police nationale. Lors de son audition devant la commission des lois du Sénat le 13 janvier 2026, le ministre Laurent Nuñez a exposé des négligences embarrassantes, soulignant une vulnérabilité majeure dans la cybersécurité de l’État.
L’attaque s’est déroulée avec une simplicité déconcertante, sans outil sophistiqué.Le hacker a d’abord compromis plusieurs comptes de messagerie professionnelle d’agents de police. À l’intérieur, il a repéré des échanges où des mots de passe d’applications métier étaient transmis en clair (sans chiffrement ni protection).Le ministre a qualifié cela de « défaut majeur d’hygiène numérique » une pratique contraire à toutes les recommandations de sécurité répétées en interne.
Sans aucune protection supplémentaire, l’intrus a accédé à sept applications différentes, dont deux critiques :
L’absence totale de double authentification (MFA/2FA) sur ces portails a constitué le point faible fatal. Ce mécanisme, qui exige un second facteur (code SMS, app authenticator…), aurait très probablement stoppé net l’intrusion.
Bonne nouvelle : aucune modification ni destruction de données n’a été constatée.
Cependant, des extractions ont eu lieu, exposant des informations sensibles :
Aucun ciblage précis n’a été repéré (pas d’opération contre des personnes spécifiques). Le but probable : revente sur le dark web. Le suspect a été mis en examen pour accès frauduleux en bande organisée dans un système étatique et placé en détention provisoire.
Dès la détection (fin novembre 2025), le ministère a réagi vite :
La mesure phare : généralisation obligatoire de la double authentification sur toutes les applications touchées par le portail vulnérable.
Ce déploiement concerne potentiellement 300 000 agents et des centaines d’applications/portails. Le ministre a averti : c’est un chantier long et complexe, impossible à boucler du jour au lendemain.
Il a justifié un certain retard par la priorité donnée à la sécurisation des systèmes pour les Jeux Olympiques (2024), qui a mobilisé des ressources importantes. Malgré tout, il nie tout « relâchement » global et insiste sur les efforts déjà consentis ces dernières années.
Cette affaire rappelle une vérité cruelle en cybersécurité : les outils les plus avancés ne servent à rien si les bases ne sont pas respectées.
Échanger des mots de passe par mail en clair ? Absence de MFA sur des fichiers aussi sensibles ? Ces manquements, même isolés, ont ouvert une brèche royale.La CNIL a été saisie, des audits internes lancés, et une nouvelle messagerie plus sécurisée est en cours de déploiement. L’objectif : passer d’une posture réactive à une vraie culture de la sécurité pour tous les agents.En attendant, cette intrusion – loin d’être la plus technique – est l’une des plus révélatrices des failles persistantes dans les administrations françaises.
Source :Public Sénat